mardi 23 février 2016

Dérisoire

Je ne suis pas cloué sur le plus absurde des rochers
Aucune prouesse ailée ne me visita jamais
De l'abîme aucun choeur ne monte vers moi
Si ce n'est parfois le hoquet d'une cargaison de naufragés

.../...

Aimé CÉSAIRE

_Extrait_

La Poésie (Editions Le Seuil) La poésie_Aimé Césaire

 

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vendredi 8 juillet 2011

Douceurs fidèles

Douceurs fidèles

Petit Prince des nuées
Princesse des étoiles
Caramels satinés
Aux regards chocolat
Aux boucles de réglisse
Aux sourires crèmeux
Aux senteurs de mélisse
Deux minuscules feux
De vie et d'avenir
Vous êtes, dans mon coeur,
La chaleur du soupir
Fidèle des douceurs.

...Pour Loeva et Maxime...Lloassignature8 juillet An XI

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mardi 4 mai 2010

Monsieur

Monsieur n’a pas pour gloire

Les parfums enivrants

Des langueurs tropicales

Il sent l’herbe abîmée

Empilée, oubliée

Dans un coin de sa vie

Monsieur n’a pas pour gloire

Les gestes pacifiques

Des vieux sages du temps

Il brasse des jours las

Malaimés et aigris

De sa vie gaspillée

Monsieur n’a pas pour gloire

La raison généreuse

De ceux qui ont tout vu

Il remue la rancœur

Vengeresse et soumise

A la vie des heureux

Monsieur n’a pas pour gloire

Le regard attendri

Des grands sur les petits

Il épie les voisins

Espoirs trop prometteurs

Pour sa vie douloureuse

Monsieur n’a pas pour gloire

La compréhension juste

Des échecs et des veines

Il trépigne de haine

Indue et venimeuse

Pour motiver sa vie

Monsieur n’a pas pour gloire

Le respect des amis

Dans leurs sorts différents

Il entraîne ses frères

Plus forts ou plus chanceux

Dans sa vie abîmée

Monsieur n’a pas pour gloire

La vérité brillante

De la sincérité

Il s’accroche au mensonge

Il se perd et se meurt

Dans sa vie marécage

Monsieur n’aura sans doute

Aucune gloire repentante…

signature_Lloas 4 mai an X

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vendredi 23 avril 2010

Le gorille...universel

C'est à travers de larges grilles,
Que les femelles du canton,
Contemplaient un puissant gorille,
Sans souci du qu'en-dira-t-on;
Avec impudeur, ces commères
Lorgnaient même un endroit précis
Que, rigoureusement ma mère
M'a défendu dénommer ici...
Gare au gorille!...

Tout à coup, la prise bien close,
Où vivait le bel animal,
S'ouvre on ne sait pourquoi (je suppose
Qu'on avait du la fermer mal);
Le singe, en sortant de sa cage
Dit "c'est aujourd'hui que je le perds!"
Il parlait de son pucelage,
Vous avez deviné, j'espère!
Gare au gorille!...

Le patron de la ménagerie
Criait, éperdu: "Nom de nom!
C'est assommant car le gorille
N'a jamais connu de guenon!"
Dès que la féminine engeance
Sut que le singe était puceau,
Au lieu de profiter de la chance
Elle fit feu des deux fuseaux!
Gare au gorille!...

Celles là même qui, naguère,
Le couvaient d'un oeil décidé,
Fuirent, prouvant qu'elles n'avaient guère
De la suite dans les idées;
D'autant plus vaine était leur crainte,
Que le gorille est un luron
Supérieur à l'homme dans l'étreinte,
Bien des femmes vous le diront!
Gare au gorille!...

Tout le monde se précipite
Hors d'atteinte du singe en rut,
Sauf une vielle décrépite
Et un jeune juge en bois brut;
Voyant que toutes se dérobent,
Le quadrumane accéléra
Son dandinement vers les robes
De la vielle et du magistrat!
Gare au gorille!...

"Bah! soupirait la centaire,
Qu'on puisse encore me désirer,
Ce serait extraordinaire,
Et, pour tout dire, inespéré!"
Le juge pensait, impassible,
"Qu'on me prenne pour une guenon,
C'est complètement impossible..."
La suite lui prouva que non!
Gare au gorille!...

Supposez que l'un de vous puisse être,
Comme le singe, obligé de
Violer un juge ou une ancêtre,
Lequel choisirait-il des deux?
Qu'une alternative pareille,
Un de ces quatres jours, m'échoie,
C'est, j'en suis convaincu, la vielle
Qui sera l'objet de mon choix!
Gare au gorille!...

Mais, par malheur, si le gorille
Aux jeux de l'amour vaut son prix,
On sait qu'en revanche il ne brille
Ni par le goût, ni par l'esprit.
Lors, au lieu d'opter pour la vielle,
Comme aurait fait n'importe qui,
Il saisit le juge à l'oreille
Et l'entraîna dans un maquis!
Gare au gorille!...

La suite serait délectable,
Malheureusement, je ne peux
Pas la dire, et c'est regrettable,
Ça nous aurait fait rire un peu;
Car le juge, au moment suprême,
Criait: "Maman!", pleurait beaucoup,
Comme l'homme auquel, le jour même,
Il avait fait trancher le cou.
Gare au gorille!...

Mots et musique

 Georges Brassens

Album CD "Brassens en Afrique" Brassens_en_Afrique1

Cliquer droit_Ouvrir le lien dans un nouvel onglet_pour écouter: http://www.deezer.com/listen-2734088

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mardi 9 février 2010

Martin...pour petit frère

Enfer des âmes

Pour tous ceux

Que leurs mots charognards

Et leur irrésistible haine

Conduisent à la morgue cruelle 

De ceux qui ont, honteusement, bafoué leurs aînés

De leur malveillance inhumaine…

Comme si quelques mots outrageux

Pouvaient effacer cet immense passé exécrable…

Trahison d’une noblesse ancestrale

Mépris des réflexions congénères

Barrage à leur fierté légitime

Enfermement asservisseur

Encore et encore…

Blessure béante 

Soumise à la douleur

Gangrène de l’impossible

Mortifère pour tout un peuple...

Lynchage d’une humanité nouvelle…Mais, n'en déplaise... 

signature_Lloas 9 février an X

 

 

 

A la fin, nous nous souviendrons non pas des mots de nos ennemis,

mais des silences de nos amis.

Martin Luther King

 

 Martin Luther King

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Par A...... plus B.......

_TRANSE EN DANSES_

Créations 

du Bagad Men Ha Tan,

de Doudou N'Diaye Rose Junior

et du Cercle Giz'Kalon de Quimperlé

"Les loups"

http://www.youtube.com/watch?v=0ixJrc7EvJA&feature=player_embedded

"Plin"

http://www.youtube.com/watch?v=8WmPZHy3rKg&feature=player_embedded

"L'homme rouge"

http://www.youtube.com/watch?v=KmtCGgjDZ3w&feature=player_embedded

"Galicienne"

http://www.youtube.com/watch?v=HGnkjCsQh3o&feature=player_embedded

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dimanche 31 janvier 2010

Il s'appelait Marc-Vivien...Et toi, Frédéric...

Il s'appelait Marc-Vivien Foé

Aurevoir, frère très estimé.

Paris, le 27 juin 2003: Il est des articles qui vous coûtent, qui vous coûtent tellement qu'il en est indécent de dire plus.

Talleyrand avait le sens de la formule. Il aurait dit peut-être: "Aurevoir, frère très estimé."

Aucune formule ne sera vraiment juste pour exprimer le sentiment extrême qui en ce moment guide ma démarche. S'il fallait commettre un article, voici le dernier qu'il me serait donné d'avoir rêvé.

C'est donc bien vrai. Le milieu de terrain international Foé est parti, vaincu par le sort, vaincu par son métier, terrassé par sa passion, la même passion qui brûle l'Afrique entière, le Cameroun entier.

Marc-Vivien Foé a quitté ses amis, nous, ses nombreux compatriotes, de la manière la plus insolente qui soit donnée à ceux qui restent. Faudra-t-il évoquer la lenteur des secours lorsque le géant de Nkoabang s'est offert aux regards des téléspectateurs, les yeux révulsés, inerte déjà livré à des dieux que nul ne rencontre que lors de son dernier périple?

Foé, il me faut cette témérité, cette insolence pareille au sort qui t'arrache à l'amour de tout un pays, à tous ceux qui t'aimaient de par le monde, pour vouloir que tu ne t'en ailles pas sans te dire combien de vide, d'amertume, de colère ton départ crée parmi nous qui restons.

Là-bas, à Nkoabang, chez les Mvog Manga tes pères, la douleur sera pire, j'en suis sûr, Foé. Pire que toute cette souffrance que nous mesurerons mieux dans un mois, dans un an, pour le reste de notre vie.

Huit ans déjà que tu régalais les Camerounais de ta fausse nonchalance, de ton jeu aérien exceptionnel, de ta personnalité si affable. Au moment où j'écris ces mots, Foé, les larmes intarissables, ton ami d'enfance est à mes côtés. Nous nous réjouissions tellement de l'entendre nous narrer tes qualités avec la fierté des vrais amis, ceux qui ne sont pas les amis de circonstance, car ton statut de star incontestée des stades t'avait apporté la méfiance compréhensible envers les fausses sollicitudes.

Il t'arrivait toujours de t'échapper de cette gangue pour préserver ce que tes parents avaient fait de toi, un homme attentif aux chants des âmes. Alors tu étais l'invité d'un inconnu, que tu allais encourager à persévérer dans sa voie de peintre. Tu n'oubliais pas que tes amis chérissaient autant que toi leur passion, ils l'ont souvent assouvie ces derniers temps grâce à ton concours toujours discret. Racine Sagath, inutile de le deviner, est inconsolable ce soir, pour très longtemps encore.

Foé, le nom porte aussi chez nous l'indication du caractère de l'être qui le porte. On t'appelait Marc-Vivien, ce qui indiquait la vie à laquelle tu étais dédié, nous t'appelions aussi simplement Foé, alors tu t'arrêtais à ce nom, tu te retournais, où que tu fusses, et tu nous donnais ton sourire, parfois, il nous fallait arrêter le mouvement de tes mains, pour que tu n'en sortes pas des billets dont la valeur nous pétrifiait toujours. Je ne sais quoi penser de ce que tu t'en sois allé avec cette médiatisation. Vraiment, Marc-Vivien, je me plais à penser que c'est là le sort de ce message que tu étais venu livrer à nous autres, tes admirateurs, tes amis, tes frères. Le message d'un jeune homme sorti de l'anonymat le plus complet pour s'illustrer avec la classe des êtres hors hiérarchie. Sans jamais en perdre l'humilité propre à ces danseurs funambules qui apprennent chaque jour la tension entre le haut et le bas du pavé. Une distance très tenue que tu as aujourd'hui franchie.

Il m'est intolérable d'entendre encore cet ami, Marc comme toi, ton ami de tous les instants, qui brûlait de te revoir enfin, inconsolable à mes côtés. La dignité d'une vie tient à si peu, de l'avis de tous tu auras passé ta vie à te dépenser sans compter pour les tiens. Foé, retenons ton message, celui que ton nom t'a amené à donner au monde. Celui d'un jeune homme qui en 1992 jure à son ami qu'il sera de l'équipée américaine, tout joueur anonyme de deuxième division qu'il est encore. Et le monde retiendra de toi le talent éclaboussant d'un géant qui aura inscrit la marque du travail et de l'enthousiasme à tous ses gestes.

Les mots devraient être des miracles, Marc-Vivien, il est si vain d'user d'eux sans que jamais ils ne paraissent nous démentir, nous apprendre par une dépêche que les médecins se seront trompés, que tu es bien avec nous encore, pour très longtemps. Il nous manque le miraculeux des mots pour que le pays tout entier s'en empare pour conjurer cette terreur qui nous encercle: ton départ tellement violent, tellement impressionnant, tellement lourd de stupeur.

Marc-Vivien Foé, il est certain que les suites données à ton départ ignoreront sans doute le sens colossal de la discrétion que tu as mis à vivre, à répondre à toutes les sollicitations, dont celle-ci qui te permet de tirer ta révérence avec cette singularité soudaine.

Alors, permets-moi, permets-nous, à nous tes frères, tes amis, tes admirateurs, de te dire que tu auras redoré le blason de ta passion d'enfant de la balle. Nous ne pleurerons pas le match prochain, pour ma part, Foé, je serai à chanter l'esani, le rythme cher aux beti, afin que mon ami, mon frère, toi Marc-Vivien, toi Foé de Nkoabang, de Yaoundé, du Cameroun, d'Afrique, l'homme Foé simplement ait la terre légère, très légère.

_Ada BESSOMO_

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Message du 13 mars 2009,

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dimanche 18 octobre 2009

Match

Le match vient de commencer…Match de football, cela va sans dire…

 

La maison est pleine à craquer de supporters de tous âges, des deux genres et de toutes conditions, prêts à tout, assis, debout, couchés…Le moindre petit espace de la pièce est occupé. Ils ont bien mangé et bien bu, histoire de prendre des forces avant de se river à l’écran de télévision qui va les transporter sur le champ de leur bataille…

 

Ils attendaient le coup de sifflet qui marque le début de leurs quatre vingt dix minutes préférées. Soucis envolés, préoccupations oubliées, misères effacées devant leurs onze héros, dont un dieu vivant, qui vont courir derrière ce ballon rond et tenter d’être à la hauteur d’une population avide de satisfactions et de gloire, enfin!...

 

C’est parti ! Ils attaquent, anxieux et concentrés, les cigarettes qui traînent sur la table. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, le paquet est presque vide et les cendriers presque pleins. Entre chaque bouffée de fumée, ils s’offrent une bière brune qu’ils ingurgitent à une vitesse folle, « à la trompette », sans verre. S’ils pouvaient trouver la bouteille de whisky, qui a été protégée dans un coin reculé de la maison, ils s’accorderaient aussi, sans doute, un petit intermède de cow-boy pour mieux soutenir l’épopée qui se joue sous leurs yeux.

 

Tout près de là, deux bonnes dames grassouillettes se sont endormies sur un canapé, fatiguées par la bière du repas, bercées par les premiers commentaires qui fusent en tous sens, de plus en plus fournis et de plus en plus fort.

 

Il pleut sur le terrain et les joueurs tombent sur la pelouse glissante. Grandes quilles humaines, maculées de boue, ils se relèvent, courent après toujours ce même ballon qui ne veut pas se laisser faire et retombent vaincus à plat ventre et déçus, laissant partir cette petite boule de cuir qui les a mis à bas.

 

Premier but, la maison est en liesse ! Les capsules de bières sautent, on arrose le début de la victoire, les têtes s’affolent et les cœurs battent plus fort. On se calme un peu avec les dernières cigarettes qui restent et on reprend le cours de la bataille.

 

Deuxième but…On hurle ! On applaudit ! Les bières coulent !! A ce train là, il n’y en aura peut être pas assez et la brasserie qui est fermée, pour cause de match, c’est l’angoisse… !

 

Une des deux bonnes dames se réveille et entreprend de vider une valise de présents, qu’on vient de lui apporter, sans se préoccuper le moins du monde du charivari qui l’entoure. Elle déballe les objets, les parfums, les chaussures et autres vêtements, contrariée par ce qu’elle trouve, elle bougonne…

 

La pluie a cessé de tomber …mais les bières ne s’arrêtent pas de couler… !

L’équipe adverse marque un but…On la condamne, on l’insulte…Une chaude ambiance sportive s’installe… !

 

Il reste trois minutes de jeu…Tout le monde est suspendu au sifflet de l’arbitre, le souffle court, la voix brisée, les visages crispés, chacun essaie de contenir sa peur de perdre, comme si leur vie en dépendait, comme si leur honneur …Fin du match, ils ont gagné, tant mieux, on a échappé à la révolution… !

Tout le monde se rassemble pour partir, comme dans un hall de gare, sur un quai de métro aux heures de pointe !

 

Le retour à la vie : un semble très mécontent de ce que la dame a trouvé dans sa valise, pourtant bourrée de cadeaux, il réclame un téléphone pour se plaindre. On refuse de lui donner, ce qui augmente sa mauvaise humeur. Un autre part en boitant (il a glissé en allant se soulager de ses bières) et il lui faut absolument une béquille. Un dernier se demande comment il va faire pour rentrer chez lui sans le sou, si quelqu’un pouvait le dépanner çà l’arrangerait…

L’hôtesse de la maison les accompagne dans la cour, non sans quelques cris contre l’homme du téléphone, remettant hardiment les choses en place quant à l’hospitalité et ses limites.

 

Au beau milieu de toute cette agitation une petite fille mange son gâteau et les regarde avec de grands yeux étonnés…

Et l’écran présente une publicité de …bière !

Tout le monde est parti…

Un petit whisky sur des glaçons…

 

 

 

 

 C’était un match…Match de football cela va sans dire !

avec l'amicale participation, en direct, de Freddo...signature_Lloas 19 octobre an IX 

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vendredi 25 septembre 2009

Partir

Partir.
Comme il y a des hommes-hyènes et des hommes-
panthères, je serais un homme-juif
un homme-cafre
un homme-hindou-de-Calcutta
un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas

l'homme-famine, l'homme-insulte, l'homme-torture
on pouvait à n'importe quel moment le saisir le rouer
de coups, le tuer - parfaitement le tuer - sans avoir
de compte à rendre à personne sans avoir d'excuses à présenter à personne
un homme-juif
un homme-pogrom
un chiot
un mendigot

mais est-ce qu'on tue le Remords, beau comme la
face de stupeur d'une dame anglaise qui trouverait
dans sa soupière un crâne de Hottentot?

Aimé Césaire

La Poésie (Editions Le Seuil)  aim__c_saire_la_po_sie

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vendredi 12 juin 2009

Le tam-tam fou de l'amour dans le coeur...

L’Afrique, petit Chaka ?
L’Afrique est noire comme ma peau,
elle est rouge comme la terre,
elle est blanche comme la lumière de midi,
elle est bleue comme l’ombre du soir,
elle est jaune comme le grand fleuve,
elle est verte comme la feuille du palmier.

La brousse est pleine de bruits :
elle babille, elle bourdonne, elle rugit .

Mon village, petit Chaka :
de l’argile et de la paille !
Une vingtaine de cases, pas plus,
qui font la ronde autour de l’arbre
à palabres, le grand baobab
sous lequel se discutent
toutes affaires importantes.

Kadidja-ma-mère, petit Chaka,
n’est pas restée longtemps
mince comme une liane.

Elle, pauvre mais belle comme un ciel
de printemps après la pluie.

Le soir, à la veillée, il s’asseyait
sous les étoiles avec sa kora
et il racontait des histoires
Jusqu’à ce que nos oreilles
ne puissent plus entendre.

Lui, fils de roi et le tam-tam fou
de l’amour dans le cœur.

Mots et Illustrations

Marie Sellier et  Marion Lesage

L'Afrique, petit Chaka...(Editions Réunion des Musées nationaux)

petit_chaka

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