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dimanche 2 juillet 2017

À Aurore

Arbres bleus_gauguin_1888

La nature est tout ce qu’on voit,
Tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime.
Tout ce qu’on sait, tout ce qu’on croit,
Tout ce que l’on sent en soi-même.

Elle est belle pour qui la voit,
Elle est bonne à celui qui l’aime,
Elle est juste quand on y croit
Et qu’on la respecte en soi-même.

Regarde le ciel, il te voit,
Embrasse la terre, elle t’aime.
La vérité c’est ce qu’on croit
En la nature c’est toi-même.

George SAND

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Peinture: Arbres bleus_Paul Gauguin

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lundi 8 mai 2017

Chacun pour soi...

L'air est suave, le soleil est chaud, nos chevaux vont vite; les jeunes blés  couvrent les terres d'un tapis déjà  épais, mais à travers lequel on aperçoit encore le sol rougeâtre. Grâce  aux reflets du soleil bas qui, en cette saison, caresse de plus près, c'est un revêtement de velours riche sur la plaine toujours mollement ondulée  de notre vallée  noire. Une légère  vapeur argente les lointains. Dans les creux inondés, chaque sillon est un miroir ardent. Des volées  de corbeaux, recevant le point lumineux sur leur plumage lisse, brillent aussi au soleil comme des escarboucles. Des pies affairées fouillent brusquement les mottes de terre mouillées, et se disent avec aigreur des choses malséantes à propos d'un  fétu. Chacun pour soi, c'est  le mot des partis.

George SAND
Impressions et souvenirs

Impressions_et_souvenirs_George_Sand
Edition des femmes-Antoinette Fouque

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mercredi 6 juillet 2016

Elle a écrit...

george Sand

Laissez l'enfant croître et vivre, n'étouffez pas la fleur dans son germe.
Ne jetez pas votre haleine glacée sur ses belles journées de soleil et de printemps.

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jeudi 9 avril 2015

Le moment de la dictée...

Ces dictées qui nous promènent dans le temps, de Victor Hugo à Guy de Maupassant, éveillent en nous des échos du passé, des souvenirs plus ou moins heureux, d'autant qu'elles sont accompagnées de questions de vocabulaire ou de grammaire /.../(avant-propos_ Albine Novarino)

Dictée

Paris avait glacé en moi cette fièvre de mouvement que j'avais subie à Nohant.Tout cela ne m'empêchait pas de courir sur les toits au mois de décembre et de passer des soirées entières nu-tête dans le jardin en plein hiver; car dans le jardin aussi, nous cherchions le grand secret et nous y descendions par les fenêtres quand les portes étaient fermées.
C'est qu' à ces heures-là nous vivions par le cerveau, et je ne m'apercevais plus que j'eusse un corps malade à porter.
Avec tout cela, avec ma figure pâle et mon air transi, dont Isabelle faisait les plus plaisantes caricatures, j'étais gaie intérieurement. Je riais fort peu, mais le rire des autres me réjouissait les oreilles et le coeur.

George Sand
Histoire de ma vie (1854)

Questions

Grammaire: "subie" est au féminin parce que la narratrice est une femme: vrai ou faux. Expliquez.

Orthographe: combien y a-t-il de sortes d'accents? Donnez des exemples trouvés dans le texte.

L'auteur: George Sand

1) S'agit-il du vrai prénom de l'auteur?
2) S'agit-il de son patronyme?
3) Expliquez pourquoi il n'y a pas de "s" à George?

Réponses

Grammaire: Faux. "subie" est au féminin parce qu'il s'accorde avec le Complément d' Objet Direct "fièvre", nom féminin, placé avant le verbe

Orthographe: Il y a trois types d'accents: aigu (glacé), grave (fièvre), circonflexe (empêchait)

L'auteur: George Sand

1) Non, George n'est pas son vrai prénom. Son prénom est Aurore.

2) Non, Sand n'est pas son patronyme. Son patronyme est Dupin. Sand est un pseudonyme emprunté à Jules Sandeau, son ami (première partie de son nom).

3) Il n'y a pas de "s" à George parce que l'auteur a choisi l'orthographe anglaise, suivant la mode de l'époque.

 Carnet de dictées (Editions De Borée)carnet_de_dictee

 Merci à mes enfants, Constance et Jordan, pour ces pages de souvenirs d' écolière...

 

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lundi 16 décembre 2013

...de petits plaisirs innocents et qui ne coûtent rien.

9 janvier 1876 — Que Nohant est beau dans ce moment-ci! C’est une vraie nappe de neige avec les pins et les cèdres blancs jusqu’aux pointes des rameaux. Avec cela, un beau clair de lune tous les soirs. Quand on a les yeux pleins de la lumière rougeâtre des appartements et qu’on regarde dehors cette douce clarté bleue, on est comme rafraîchi et enchanté par cet autre monde féérique dont une vitre nous sépare. On en a toute la poésie sans en sentir la morsure. La vie est comme cela pleine de petits plaisirs innocents et qui ne coûtent rien.

George Sand

                  Source: Association Orléanaise Guillaume-Budé   Rubrique: Archives SAND / Jean NIVET

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vendredi 8 novembre 2013

Madame Harriet Beecher Stowe

Elle n’a pas de talent ! — Qu’est-ce que le talent ? — Rien, sans doute, devant le génie ; mais a-t-elle du génie ? Je ne sais pas si elle a du talent comme on l’entend dans le monde lettré, mais elle a du génie comme l’humanité sent le besoin d’en avoir : elle a le génie du bien.

George Sand

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  Source: Harriet Beecher Stowe 1811 - 1896 Femme de lettres, abolitionniste

 

 

 

 

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samedi 22 septembre 2012

Elle a écrit...

 arbre automne

L'automne est un andante mélancolique et gracieux qui prépare admirablement le solennel adagio de l'hiver.

George Sand

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mardi 21 février 2012

Fièvre de paraître...

.../... Que se passe-t-il donc ? les petits fournisseurs sont à découvert, et les petits acheteurs sont à sec. Nous avons plus de jolies maisons et plus de beaux habits sous les yeux que par le passé, et tout cela coûte, dit-on, moins cher ; mais nous n'avons plus le sou dans la poche. On nous a donné une fièvre de paraître, et les dettes nous rongent.

George Sand

 "Le Péché de Monsieur Antoine" (Edition AlterEditLe péché de monsieur Antoine_Sand

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mercredi 28 décembre 2011

Elle a écrit...

champagne

Le champagne aide à l'émerveillement.

George Sand

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mercredi 26 janvier 2011

Je regrette le temps où je l'entendais

Quand j'étais enfant, ma chère Aurore, j'étais très tourmentée de ne pouvoir saisir ce que les fleurs se disaient entre elles. Mon professeur de botanique m'assurait qu'elles ne disaient rien ; soit qu'il fût sourd, soit qu'il ne voulût pas me dire la vérité, il jurait qu'elles ne disaient rien du tout.
Je savais bien le contraire. Je les entendais babiller confusément, surtout à la rosée du soir ; mais elles parlaient trop bas pour que je pusse distinguer leurs paroles ; et puis elles étaient méfiantes, et, quand je passais près des plates-bandes du jardin ou sur le sentier du pré, elles s'avertissaient par une espèce de psitt, qui courait de l'une à l'autre. C'était comme si l'on eût dit sur toute la ligne : «Attention, taisons-nous ! voilà l'enfant curieux qui nous écoute».

Je m'y obstinai. Je m'exerçai à marcher si doucement, sans frôler le plus petit brin d'herbe, qu'elles ne m'entendirent plus et que je pus m'avancer tout près, tout près ; alors, en me baissant sous l'ombre des arbres pour qu'elles ne vissent pas la mienne, je saisis enfin des paroles articulées.

Il fallait beaucoup d'attention ; c'était de si petites voix, si douces, si fines, que la moindre brise les emportait et que le bourdonnement des sphinx et des noctuelles les couvrait absolument.

Je ne sais pas quelle langue elles parlaient. Ce n'était ni le français, ni le latin qu'on m'apprenait alors ; mais il se trouva que je comprenais fort bien. Il me sembla même que je comprenais mieux ce langage que tout ce que j'avais entendu jusqu'alors.

.../...

Quand je racontai à mon précepteur ce que j'avais entendu, il déclara que j'étais malade et qu'il fallait m'administrer un purgatif. Mais ma grand'mère m'en préserva en lui disant :

- Je vous plains si vous n'avez jamais entendu ce que disent les roses. Quant à moi, je regrette le temps où je l'entendais. C'est une faculté de l'enfance. Prenez garde de confondre les facultés avec les maladies !

George Sand

Contes d'une grand-mère (Edition De Borré)

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