Petite fleur
Une petite fleur souriait à mes pieds...Et elle semblait me dire...Regarde comme je suis minuscule et pourtant...Je suis inespérée, je suis ce que toi même, il y a quelque temps, tu étais... Je suis de ce vieux bois des rêves qui ont vécu et qui se perpétuent. Je suis la nouvelle sève des veines d'autrefois. Que t'est-il arrivé? As-tu donc oublié le roseau de la fable qui plie mais ne rompt pas? As-tu donc oublié que le chêne si fort pouvait, à tout moment, être déraciné? Sais-tu que ce géant n'a pas grand chose à dire, à faire ou à donner? Sais-tu qu'il ne sait pas ce qu'il fait, là, sur terre? Sais-tu qu'il ne sait pas où trouver sa survie?
Mon immense voisin se veut irremplaçable, il s'accroche à la vie sans savoir d'où il vient, ignorant tout d'avant, de ce qui l'a fait naître, il ne s'en souvient plus...Il est trop vieux...Il n'imagine pas ce que sera après, ce que sera son fils, si même il en a un.... Il s'en moque...Il est fier d'abriter les oiseaux de passage, qui vont l'abandonner plus vite qu'il ne le pense, il change ses habits à la moindre saison, faisant par fourberie ce qu'on prend pour sagesse, il se dévêt sans gêne et se taît sans pudeur devant les rigueurs graves, il s'habille de neuf et parade sans honte quand la douceur revient...
Moi, petite, je sais que mes prédécesseurs m'ont laissé le beau rôle de donner ma parure à la belle saison, de grandir sous la pluie, de lutter sans faiblir, racines en avant, sous l'orage qui m'abat, de renaître plus fière aux rayons du soleil...Petite, je le suis mais j'ai mille saveurs dans mon coeur nourricier...J'offre tout ce que j'ai sans jamais rien compter, sans jamais rien changer et puis, quand l'air se glace, et que je n'ai plus rien, je m'éteins doucement en laissant derrière moi de minuscules graines qui seront mes enfants, de nouvelles petites fleurs, avec la même force , la même volonté d'embellir la vie, de ne jamais céder aux grands opportunistes... Je suis petite mais...vraie grandeur ne se voit...
Debout près de vous
Quatre enfants ont voulu croire
Quatre enfants ont rêvé
Quatre enfants ont voulu dire
Quatre enfants ont crié
Quatre enfants encerclés
Quatre enfants malmenés
Quatre enfants emportés
Quatre enfants prisonniers.
Pour eux, ce chant partagé...Voir et écouter...
Mots et Musique: Ben E. King, Jerry Leiber, Mike Stoller 1961
On verra bien...
.../...quand on enferme la vérité sous terre, elle s'y amasse, elle y prend une force telle d'explosion que, le jour où elle éclate, elle fait tout sauter avec elle.
On verra bien si l'on ne vient pas de préparer, pour plus tard, le plus retentissant des désastres. .../...
Silence
Tout est calme et muet
Faut-il bien s'en réjouir
Ou faut-il avoir peur?
Comment ne pas penser
Que l'autre monde existe
Celui des pas perdus
Et des mis de côté
Un silence de mots
Une évidente absence
Où sont-ils donc passés
Tous ces rois et ces gueux?
Ont-ils froid?
Ont-ils chaud?
Sont-ils si épuisés
Par trop de connivences?
Sont-ils si dépassés
Par l'inaction qui va?
Tout est calme et muet
Et j'ai peur de comprendre
Qu'il manque à leur instant
Une raison de vivre.
BonheurS
le Temps et l'Océan
Bien sûr que le Temps bouge
Qu’il entraîne avec lui
Des milliers de moments
Comme l’Océan balance
Ses coquilles nacrées
Bien sûr que le Temps change
Qu’il varie du beau fixe
Au ciel sombre de pluie
Comme l’Océan agite
L’écume des marées
Bien sûr que le Temps frappe
Qu’il se met en colère
Pour passer les chagrins
Comme l’Océan se jette
A l’assaut des rochers
Bien sûr que le Temps glisse
Qu’il répand ses instants
De bonheur infini
Comme l’Océan s’étale
Sur ses plages assoiffées
Bien sûr que le Temps passe
Qu’il emporte avec lui
Des milliers de secondes
Comme l’Océan charrie
Ses gouttes d’eau perlées
Bien sûr que le Temps marche
Majestueusement
Simplement insolent
Comme l’Océan se donne
Aux regards des passants
Bien sûr que le Temps va
Inexorablement
Eternellement présent
Comme l’Océan survit
Aux tempêtes du monde.
Mais ce temps est le vôtre
Et pour l’apprivoiser
Pour le vivre plus fort
Gardez en vos deux cœurs
Le Temps de vous aimer…
...Pour Marlène & Julien...
17 septembre an IV
Ma seule consolation...
"Ma seule consolation, quand je montais me coucher, était que maman viendrait m'embrasser quand je serais dans mon lit. Mais ce bonsoir durait si peu de temps, elle redescendait si vite, que le moment où je l'entendais monter, puis où passait dans le couloir à double porte le bruit léger de sa robe de jardin en mousseline bleue, à laquelle pendaient de petits cordons de paille tressée, était pour moi un moment douloureux. Il annonçait celui qui allait le suivre, où elle m'aurait quitté, où elle serait redescendue. De sorte que ce bonsoir que j'aimais tant, j'en arrivais à souhaiter qu'il vînt le plus tard possible, à ce que se prolongeât le temps de répit où maman n'était pas encore venue. Quelquefois quand, après m'avoir embrassé, elle ouvrait ma porte pour partir, je voulais la rappeler, lui dire " embrasse-moi une fois encore " , mais je savais qu'aussitôt elle aurait son visage fâché, car la concession qu'elle faisait à ma tristesse et à mon agitation en montant m'embrasser, en m'apportant ce baiser de paix, agaçait mon père qui trouvait ces rites absurdes, et elle eût voulu tâcher de m'en faire perdre le besoin, l'habitude, bien loin de me laisser prendre celle de lui demander quand elle était déjà sur le pas de la porte, un baiser de plus. Or la voir fâchée détruisait tout le calme qu’elle m'avait apporté un instant avant, quand elle avait penché vers mon lit sa figure aimante, et me l'avait tendue comme une hostie pour une communion de paix où mes lèvres puiseraient sa présence réelle et le pouvoir de m'endormir. Mais ces soirs-là où maman en somme restait si peu de temps dans ma chambre, étaient doux encore en comparaison de ceux où il y avait du monde à dîner et où, à cause de cela, elle ne montait pas me dire bonsoir.... "












