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Lloas
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3 août 2015

Baudelaire et Picasso

.../...Au bout, à l’extrême bout de la rangée de baraques, comme si, honteux, il s’était exilé lui-même de toutes ces splendeurs, je vis un pauvre saltimbanque, voûté, caduc, décrépit, une ruine d’homme, adossé contre un des poteaux de sa cahute ; une cahute plus misérable que celle du sauvage le plus abruti, et dont deux bouts de chandelles, coulants et fumants, éclairaient trop bien encore la détresse.


Partout la joie, le gain, la débauche ; partout la certitude du pain pour les lendemains ; partout l’explosion frénétique de la vitalité. Ici la misère absolue, la misère affublée, pour comble d’horreur, de haillons comiques, où la nécessité, bien plus que l’art, avait introduit le contraste. Il ne riait pas, le misérable ! Il ne pleurait pas, il ne dansait pas, il ne gesticulait pas, il ne criait pas ; il ne chantait aucune chanson, ni gaie ni lamentable, il n’implorait pas. Il était muet et immobile. Il avait renoncé, il avait abdiqué. Sa destinée était faite.

Charles Baudelaire

Le vieux saltimbanque (extrait)

Le Spleen de Paris (Editions Poésie/Gallimard)le_spleen_de_Paris 

 

Le repas frugal_Pablo Picasso_1904

Le repas frugal_estampe_1904

Pablo Picasso

 

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3 novembre 2011

"C'est un modeste"

Sur cette Terre soumise
Aux affres des puissants
Dissimulateurs couards
De leurs revers prospères

Dans ce Pays charmant
Qui se vend et se perd
Sous les phares délusoires
Des espoirs démunis

Ils veulent faire de Toi
L'idéal immobile
Et glorieux des possibles

Toi, qui parles aux étoiles
Et fais rêver la lune
Poète des grands soirs
Enchantés de musique

Toi, qui fais rire les anges
De tes jurons coquins
Troubadour des nuages
Revigorés de mots

Conteur facétieux
Qui n'a pas peur de dire
Ménestrel conséquent
Pour l'oreille qui entend

Ami des fraternels
Aux repas partagés
Aux Jeannes des cités

Défendant l' inconnu
Pourvu qu'il soit affable
Cet Auvergnat des rues

Amoureux des princesses
Aux robes déchirées
Aux Grâces Roturières

Fidèle aux plus petits
Aux sans grade oubliés
A ces Pauvres Martins

Craignant la solitude
Des parvenus sans âme
Et sans Mât de Cocagne

Déplorant tendrement
Ces sacrifices vains
Des Oncles patriotes

Marchant droit devant lui
Sans le Clairon Qui Sonne
Ni la Musique Au Pas

Se gaussant de la loi
Quand elle mène à la corde
Pour un Juge En Bois Brut

Pudiquement païen
Par cette Marguerite
Au scandale inventé

Boudant les infamies
Des Grossiers Appétits
Et des Gros Dégueulasses

Remplissant nos mémoires
Du rythme généreux
Valsé du Vieux Léon
De Rondes en Complaintes
De Ballades en Supplique

Toi, qui semblais savoir
Où était la limite
Des Hommes et de leurs actes
Le Temps ne Faisant Rien
A l'Affaire disais-tu

Mais Toi, qui les voulais
Humains libres et honnêtes
Responsables et dignes
Modestes et heureux
Ils vont figer ton âme
Dans une statue de pierre...

Et là je sais que tu
Leur Donnes Ton Billet
Qu'ils n'ont rien compris...

Lloassignature 3 novembre An XI, à Georges Brassens                

Brassens_2 Photo Archives AFP

Pour l'aide textuelle précise et précieuse, merci à

http://brassens.pagesperso-orange.fr/index.html

1 janvier 2011

Car tant que la politique contiendra la guerre,

Car tant que la politique contiendra la guerre, tant que la pénalité contiendra l'échafaud, tant que le dogme contiendra l'enfer, tant que la force sociale sera comminatoire, tant que le principe, qui est le droit, sera distinct du fait, qui est le code, tant que l'indissoluble sera dans la loi civile et l'irréparable dans la loi criminelle, tant que la liberté pourra être garrottée, tant que la vérité pourra être bâillonnée, tant que le juge pourra dégénérer en bourreau, tant que le chef pourra dégénérer en tyran, tant que nous aurons pour précipices des abîmes creusés par nous-mêmes, tant qu'il y aura des opprimés, des exploités, des accablés, des justes qui saignent, des faibles qui pleurent, il faut, citoyens, que la conscience reste armée.

Victor Hugo

Oeuvres complètes Politique (Editions Robert Laffont)recto_actes_paroles

Lloas_XI

 

23 avril 2010

Le gorille...universel

C'est à travers de larges grilles,
Que les femelles du canton,
Contemplaient un puissant gorille,
Sans souci du qu'en-dira-t-on;
Avec impudeur, ces commères
Lorgnaient même un endroit précis
Que, rigoureusement ma mère
M'a défendu dénommer ici...
Gare au gorille!...

Tout à coup, la prise bien close,
Où vivait le bel animal,
S'ouvre on ne sait pourquoi (je suppose
Qu'on avait du la fermer mal);
Le singe, en sortant de sa cage
Dit "c'est aujourd'hui que je le perds!"
Il parlait de son pucelage,
Vous avez deviné, j'espère!
Gare au gorille!...

Le patron de la ménagerie
Criait, éperdu: "Nom de nom!
C'est assommant car le gorille
N'a jamais connu de guenon!"
Dès que la féminine engeance
Sut que le singe était puceau,
Au lieu de profiter de la chance
Elle fit feu des deux fuseaux!
Gare au gorille!...

Celles là même qui, naguère,
Le couvaient d'un oeil décidé,
Fuirent, prouvant qu'elles n'avaient guère
De la suite dans les idées;
D'autant plus vaine était leur crainte,
Que le gorille est un luron
Supérieur à l'homme dans l'étreinte,
Bien des femmes vous le diront!
Gare au gorille!...

Tout le monde se précipite
Hors d'atteinte du singe en rut,
Sauf une vielle décrépite
Et un jeune juge en bois brut;
Voyant que toutes se dérobent,
Le quadrumane accéléra
Son dandinement vers les robes
De la vielle et du magistrat!
Gare au gorille!...

"Bah! soupirait la centaire,
Qu'on puisse encore me désirer,
Ce serait extraordinaire,
Et, pour tout dire, inespéré!"
Le juge pensait, impassible,
"Qu'on me prenne pour une guenon,
C'est complètement impossible..."
La suite lui prouva que non!
Gare au gorille!...

Supposez que l'un de vous puisse être,
Comme le singe, obligé de
Violer un juge ou une ancêtre,
Lequel choisirait-il des deux?
Qu'une alternative pareille,
Un de ces quatres jours, m'échoie,
C'est, j'en suis convaincu, la vielle
Qui sera l'objet de mon choix!
Gare au gorille!...

Mais, par malheur, si le gorille
Aux jeux de l'amour vaut son prix,
On sait qu'en revanche il ne brille
Ni par le goût, ni par l'esprit.
Lors, au lieu d'opter pour la vielle,
Comme aurait fait n'importe qui,
Il saisit le juge à l'oreille
Et l'entraîna dans un maquis!
Gare au gorille!...

La suite serait délectable,
Malheureusement, je ne peux
Pas la dire, et c'est regrettable,
Ça nous aurait fait rire un peu;
Car le juge, au moment suprême,
Criait: "Maman!", pleurait beaucoup,
Comme l'homme auquel, le jour même,
Il avait fait trancher le cou.
Gare au gorille!...

Mots et musique

 Georges Brassens

Album CD "Brassens en Afrique" Brassens_en_Afrique1

Cliquer droit_Ouvrir le lien dans un nouvel onglet_pour écouter: http://www.deezer.com/listen-2734088

19 mai 2009

Les singes

Avant eux avant les culs pelés

La fleur l’oiseau et nous étions en liberté

Mais ils sont arrivés et la fleur est en pot

Et l’oiseau est en cage et nous en numéro

Car ils ont inventé prisons et condamnés

Et casiers judiciaires et trous dans la serrure

Et les langues coupées des premières censures

Et c’est depuis lors qu’ils sont civilisés

Les singes les singes les singes de mon quartier

Les singes les singes les singes de mon quartier

Avant eux il n’y avait pas de problème

Quand poussaient les bananes même pendant Carême

Mais ils sont arrivés bardés d’intolérances

Pour chasser les apôtres d’autres intolérances

Car ils ont inventé la chasse aux Albigeois

La chasse aux infidèles et la chasse à ceux là

La chasse aux singes sages qui n’aiment pas chasser

Et c’est depuis lors qu’ils sont civilisés

Les singes les singes les singes de mon quartier

Les singes les singes les singes de mon quartier

Avant eux l’homme était un prince

La femme une princesse l’amour une province

Mais ils sont arrivés le prince est un mendiant

La province se meurt la princesse se vend

Car ils ont inventé l’amour qui est un pêché

L’amour qui est une affaire le marché aux pucelles

Le droit de courte-cuisse et les mères maquerelles

Et c’est depuis lors qu’ils sont civilisés

Les singes les singes les singes de mon quartier

Les singes les singes les singes de mon quartier

Avant eux il y avait paix sur terre

Quand pour dix éléphants il n’y avait qu’un militaire

Mais ils sont arrivés et c’est à coups de bâtons

Que la raison d’état a chassé la raison

Car ils ont inventé le fer à empaler

Et la chambre à gaz et la chaise électrique

Et la bombe au napalm et la bombe atomique

Et c’est depuis lors qu’ils sont civilisés

Les singes les singes les singes de mon quartier

Les singes les singes les singes de mon quartier.

Mots et musique

 

Jacques Brel

jacues_brel

 

 

 

Poètes d'aujourd'hui (Edition Seghers)

Album CD "Marieke" (Vol 5) 8a05496f75d044cd9023df0c73015f1a_COVER_110_1_

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4 avril 2018

La vie en roses...

Les roses_Gustave Caillebotte_1886

Il y a dans la vie
Mille sources d'ennui
Et cent petits soucis
Des dizaines de fois
Où l'on se dit ma foi
Pas de chance aujourd'hui

Mais il y a croyez-moi
Mille sources de joie
Et cent petits émois
Des dizaines d'instants
Où l'on est tout content
Sans trop savoir pourquoi

C'est bizarre le destin
On s'arrête aux chagrins
On en fait tout un drame
Mais quand on se sent bien
On poursuit son chemin
Sans en goûter le charme

Pour que vivent les roses
Il leur faut du soleil
Mais aussi de la pluie
Le temps en toute chose
Doit rester la merveille
D'être en vie.

Lloassignature4 avril An XVIII

Peinture: Les roses, jardin du Petit Gennevilliers _ Gustave Caillebotte (peintre français)

10 septembre 2017

Les anges gardiens

vincent-van-gogh-la-nuit-etoilee

Ce sont milliers d'étoiles
Comme de discrets falots
Ce sont  milliers d'étoiles
Comme des milliers de mots
Perdus dans la poussière
Des nuées singulières

Des milliers de soupirs
Comme des respirations
Des milliers de soupirs
Des milliers de pardons
S'étirant dans le ciel
Des douces nuits fidèles

Des milliers de soleils
Comme de chaudes pensées
Des milliers de soleils
Des milliers de merveilles
Déchirant les nuages
Chassant les pluies d'orage

Des milliers de lumières
Comme des anges gardiens.

Lloassignature 10 septembre An XVII.......Peinture: La nuit étoilée, Vincent Van Gogh

8 novembre 2017

Art et Bien Être...

Le petit journal de Lloas

à la Une, aujourdhui...

Admirer la délicatesse des lignes
Se perdre dans les méandres des Mandalas
Suivre les chemins de la sérénité

Poser sa patience sur celle de l'artiste

En garder le souvenir ou le partager
Pour se faire plaisir...
La Malle de Coni
Petit bric à brac d'une artiste peintre

Découvrir une médecine millénaire
Se pencher vers sa douceur
Prendre le temps de l'apprivoiser
Élargir sa pensée du bien être avec le praticien
Adopter les bienfaits d'une pratique précise
Humaine et généreuse
...



JORDAN VEZIAN

 Praticien en Médecine Traditionnelle Chinoise

27 novembre 2017

Vendredi Noir

max ernst la horde 1927 coll privée huile sur toile surréalisme

Les hordes excitées
accourent affamées,
trépignent et se répandent
se bousculent, impatientes,
s'entrechoquent, se piétinent,
envieuses et transpirantes...

Et les paniers se gorgent,
se goinfrent et s'alourdissent
débordent, surchargés,
et vont remplir les coffres
des hordes rassasiées,
écrasées sous le poids
de ce jour damné
déshumanisé...

Le  "Black Friday".

Lloassignaturevendredi 24 novembre An XVII.......

Peinture: La horde_Max Ernst (peintre allemand naturalisé américain puis français)

 

30 août 2017

Aurevoir à André

Mosaïque romaine antique 3eme siècle

Il est impossible de croire
Que le présent n'est que passé
Que nos Noëls seront muets
Que tes bouquets vont s'absenter

Il est impossible de croire
Que la Lozère est en partance
Que la vie n'a plus confiance
Que la poussière a un sens

Et pourtant...

Lloassignature   30 Août An XVII.......Mosaïque romaine antique 3e siècle

3 juillet 2017

Repentir

Portrait de femme 1930_ kees van dongen

Il est des jours qui passent
Des mois et des années
Chacun laisse leur trace
Chaque instant est ancré.

Et puis il est un jour
Où le temps n'a plus d'âge
On retourne au passé
Défilant les images.

Il nous revient alors
Tout le temps écoulé
Tout ce qui nous fait tord
Tout ce qu'on a raté.

Alors on se repend
De rester en un sens
Un peu trop conciliant
Avec les absences...

Lloassignature 3 juillet An XVII.......peinture: Portrait de femme, Kees van Dongen

26 avril 2017

Les deux guitares

Deux tziganes sans répit
Grattent leur guitare
Ranimant du fond des nuits
Toute ma mémoire
Sans savoir que roule en moi
Un flot de détresse
Font renaître sous leurs doigts
Ma folle jeunesse

Ekh raz yechtcho raz yechtcho mnogo mnogo raz
Ekh raz yechtcho raz yechtcho mnogo mnogo raz

Jouez tziganes jouez pour moi
Avec plus de flamme
Afin de couvrir la voix
Qui dit à mon âme
Où as-tu mal ? Pourquoi as-tu mal ?
Ah ! t'as mal à la tête
Mais bois, bois un peu moins aujourd'hui tu boiras plus demain
Et encore plus après-demain

Ekh raz yechtcho raz yechtcho mnogo mnogo raz
Ekh raz yechtcho raz yechtcho mnogo mnogo raz

Je veux rire et veux chanter
Et saoûler ma peine
Pour oublier le passé
Qu'avec moi je traîne, allez!
Apportez-moi du vin fort
Car le vin délivre
Versez, versez, versez m'en encore
Pour que je m'enivre

Ekh raz yechtcho raz yechtcho mnogo mnogo raz
Ekh raz yechtcho raz yechtcho mnogo mnogo raz

Deux guitares en ma pensée
Jettent un trouble immense
M'expliquant la vanité
De notre existence
Que vivons-nous ? Pourquoi vivons-nous ?
Quelle est la raison d'être ?
Tu es vivant aujourd'hui, tu seras mort demain
Et encore plus, bien plus après-demain

Ekh raz yechtcho raz yechtcho mnogo mnogo raz
Ekh raz yechtcho raz yechtcho mnogo mnogo raz

Quand je serais ivre-mort
Faible et lamentable
Et que vous verrez mon corps
Rouler sous la table, alors
Alors vous pourrez cesser
Vos chants qui résonnent
En attendant, jouez
Jouez je l'ordonne !

Ekh raz yechtcho raz yechtcho mnogo mnogo raz
Ekh raz yechtcho raz yechtcho mnogo mnogo raz....

Mots: Charles Aznavour
Musique tzigane: Sasha Makarov

Pour écouter et voir, cliquer sur l'image 

Charles Aznavour_Les deux guitares

7 février 2017

...ce sera bien embêtant...

/.../ce que je veux dire, c'est que j’ai beaucoup aimé la vie et que j’ai beaucoup aimé les arts. bien ! maintenant que je suis un peu trop fatigué pour vivre avec les autres, ces anciens sentiments si personnels à moi, que j’ai eus, me semblent, ce qui est la manie de tous les collectionneurs, très précieux. Je m’ouvre à moi-même mon cœur comme une espèce de vitrine, /.../ Et de cette collection à laquelle je suis maintenant plus attaché encore qu'aux autres, je me dis, /.../mais, du reste, sans angoisse aucune, que ce sera bien embêtant de quitter tout cela.

Marcel Proust
extraits "A la recherche du temps perdu"

 A la recherche du temps perdu_Marcel Proust

 Collection Quarto_Gallimard

16 novembre 2016

La ballade des gens qui sont nés quelque part

Georges Brassens

Cliquer sur l'image pour écouter

C'est vrai qu'ils sont plaisants, tous ces petits villages,
Tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cités
Avec leurs châteaux forts, leurs églises, leurs plages,
Ils n'ont qu'un seul point faible et c'est d'être habités.
Et c'est d'être habités par des gens qui regardent
Le reste avec mépris du haut de leurs remparts,
La race des chauvins, des porteurs de cocardes,
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part,
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part.

Maudits soient ces enfants de leur mère patrie
Empalés une fois pour toutes sur leur clocher,
Qui vous montrent leurs tours, leurs musées, leur mairie,
Vous font voir du pays natal jusqu'à loucher.
Qu'ils sortent de Paris, ou de Rome, ou de Sète,
Ou du diable vauvert ou bien de Zanzibar,
Ou même de Montcuq, ils s'en flattent mazette,
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part,
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part.

Le sable dans lequel, douillettes, leurs autruches
Enfouissent la tête, on trouve pas plus fin,
Quant à l'air qu'ils emploient pour gonfler leurs baudruches,
Leurs bulles de savon, c'est du souffle divin.
Et, petit à petit, les voilà qui se montent
Le cou jusqu'à penser que le crottin fait par
Leurs chevaux, même en bois, rend jaloux tout le monde,
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part,
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part.

C'est pas un lieu commun celui de leur naissance,
Ils plaignent de tout coeur les pauvres malchanceux,
Les petits maladroits qui n'eurent pas la présence,
La présence d'esprit de voir le jour chez eux.
Quand sonne le tocsin sur leur bonheur précaire,
Contre les étrangers tous plus ou moins barbares,
Ils sortent de leur trou pour mourir à la guerre,
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part,
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part.

Mon dieu, qu'il ferait bon sur la terre des hommes
Si l'on n'y rencontrait cette race incongrue,
Cette race importune et qui partout foisonne :
La race des gens du terroir, des gens du cru.
Que la vie serait belle en toutes circonstances
Si vous n'aviez tiré du néant ces jobards,
Preuve, peut-être bien, de votre inexistence :
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part,
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part.
Mots et Musique : Georges Brassens
19 janvier 2017

Plaine de Vie

L'arbre de Vie_Gustave Klimt

Dans la plaine tranquille
Sans bruit et sans tracas,
Ensoleillée le jour
Et étoilée la nuit,
Un nuage s'avance
Menaçant.

Dans la plaine paisible
Sans méfiance et sans peur,
Illuminée de rêves
Et gavée d'espérance,
Un nuage s'arrête
Persistant.

Sur la plaine obscurcie
De doutes et de questions,
Surprise par cette ombre
Impossible à comprendre,
Le nuage s'écrase
Stupéfiant.

Alors la douce plaine
Prend des allures de champ
De bataille rageuse
Entre force du mal
Et courageux espoir
De survie.

Et la plaine fumante
D'un combat inégal
S'obstine à guerroyer,
Ne se résigne pas,
Harcelant le nuage
Affaibli.

Pour la plaine blessée
La lutte cessera
Le combat s'arrêtera
Quand elle sera certaine
Que le nuage aura
Déserté.

C'est  alors que la plaine
Sans bruit et sans tracas
Appréciera le jour
Et goûtera la nuit
Dans son ciel familier
Sans nuage.

Lloassignature 18 février An XVII

Peinture: L'arbre de Vie_Gustave Klimt

19 décembre 2015

Sourires de Noël...

avec Norman Rockwell
Illustrateur _1895-1978_ Peintre du naturalisme américain (courant de Edward Hopper)

Norman Rockwell_Noël
Réalisme au clin d'oeil teinté d'humour.

Norman Rockwell_Good-Boys
Célèbre pour avoir illustré de 1916 à 1960 les couvertures du magazine "The Saturday Evening Post"
journal familial et populaire américain qui offre systématiquement à ses lecteurs
une couverture illustrée présentant une scène de la vie quotidienne.

14 février 2016

Les amoureux de Peynet

Kiosque des amoureux de Peynet_dessin

 En 1942, à Valence ( France), assis sur un banc, face au kiosque à musique,

Raymond Peynet

imagine et dessine un petit violoniste romantique aux cheveux longs qui joue tout seul dans le kiosque.
Blottie au pied du kiosque, une belle esseulée l'écoute en secret.

Quelques années plus tard, le violoniste a donné sa place au poète... et l'admiratrice est devenue sa compagne.

"Les Amoureux de Peynet" étaient nés !
... et ils ont fait le tour du monde...

Source: site officiel Peynetpeynet_titre_01

2 décembre 2016

Réplique

Réplique

Dans les nuées oisives du présent maltraité
Dans les coins assombris des rêves malmenés
Des sources de candeur enfantine et sucrée
Retrouvent leur chemin  purifiant et lacté

Déchirant le voile noir de confiantes pensées
Eblouissant la nuit d'un espoir régulier
Ramenant le présent à sa juste équité
Encourageant le coeur à ne pas s'égarer

Sur le sentier risqué des combats compliqués
Sur la voie douloureuse des peurs inavouées
Rappelant l'innocence et le bonheur passés
En s'attachant la Vie comme un temps familier.

Lloassignature 2 décembre An XVI

Photo: Merci au  Blog Papillon1967

31 juillet 2016

Plaisir de juillet

Plaisir de juillet

Il fut un temps charmant
Où enfant je marchais
Sur le sol caillouteux
Du nommé "le p'tit ch'min"

Il m'emmenait heureuse
Vers le bois dit "d'en bas"
Où je savais trouver
Les joies de l'aventure

Il s'enfonçait parfois
A travers des buissons
Qui me semblant immenses
Me rendaient courageuse

Des racines effleuraient
La terre souvent humide
De gros morceaux de roche
Maltraitaient mes chevilles

Il montait, descendait
Virait, se redressait
J'en connaissais les moindres
Coins d'ombre et de lumière

Il longeait des enclos
Il côtoyait des haies
Et s'ouvrait tout à coup
Sur le ciel bleu et chaud

Alors je m'arrêtais
Avant de pénétrer
Dans la fraîcheur du bois
Obscur et mystérieux

Prolongeant le plaisir
De respirer l'odeur
Suave et ennivrante
Des foins coupés.

Lloassignature

27 décembre 2016

Après Noël...

Petite fille à Noël_Norman Rockwell

Et le sapin se meurt
Toutes ses branches pleurent
Les guirlandes pâlissent
Car le rêve s'éteint...

Pourquoi faut-il fermer
Les coeurs qui ont donné?
Pourquoi faut-il reprendre
Ce qu'on a su répandre?

Rien n'est jamais fini
Le rêve d'une nuit
Peut devenir celui
D'hier et d'aujourdhui.

Suffira d'un sourire
Ou d'un éclat de rire
D'un bonjour le matin
D'un bonsoir, à demain.

Suffira simplement
De partager le temps
D'apprécier le présent
De rester bienveillant.

Et les Noëls seront
De toutes les saisons...

Lloassignature 27 décembre An XVI

Peinture: Petite fille à Noël_Norman Rockwell

21 décembre 2016

Il fait froid _Extraits pour Berlin_

Berlin_Marché de Noël

L’hiver blanchit le dur chemin
Tes jours aux méchants sont en proie.
La bise mord ta douce main ;
La haine souffle sur ta joie.

La neige emplit le noir sillon.
La lumière est diminuée…
Ferme ta porte à l’aquilon !
Ferme ta vitre à la nuée !

.../...

Dans ta pensée où tout est beau,
Que rien ne tombe ou ne recule.
Fais de ton amour ton flambeau.
On s’éclaire de ce qui brûle.

A ces démons d’inimitié
Oppose ta douceur sereine,
Et reverse leur en pitié
Tout ce qu’ils t’ont vomi de haine.

La haine, c’est l’hiver du coeur.
Plains-les ! mais garde ton courage.
Garde ton sourire vainqueur ;
Bel arc-en-ciel, sors de l’orage !

.../...

Victor Hugo

14 juin 2016

Et ils sont...

À la cour, à la ville, mêmes passions, mêmes faiblesses, mêmes petitesses, mêmes travers d'esprit, mêmes brouilleries dans les familles et entre les proches, mêmes envies, mêmes antipathies. Partout des brus et des belles-mères, des maris et des femmes, des divorces, des ruptures et de mauvais raccomodements ; partout des humeurs, des colères, des partialités, des rapports, et ce qu'on appelle de mauvais discours. Avec de bons yeux on voit sans peine la petite ville, la rue saint-Denis, comme transportées à V** ou à F**. Ici on croit se haïr avec plus de fierté et de hauteur, et peut être avec plus de dignité : on se nuit réciproquement avec plus d'habileté et de finesse; les colères sont plus éloquentes, et l'on se dit des injures plus poliment et en meilleurs termes ; l'on n'y blesse point la pureté de la langue ; l'on n'y offense que les hommes ou que leur réputation : tous les dehors du vice y sont spécieux ; mais le fond, encore une fois, y est le même que dans les conditions les plus ravalées ; tout le bas, tout le faible et tout l'indigne s'y trouvent. Ces hommes si grands ou par leur naissance, ou par leur faveur, ou par leurs dignités, ces têtes si fortes et si habiles, ces femmes si polies et si spirituelles, tous méprisent le peuple, et ils sont peuple.

Jean de LA BRUYÈRE
(Les Caractères)

Extrait publié dans /Esprit XVIIe/ "La guerre des sexes"_Éditions Chêne  La guerre des sexes_Esprit XVIIe_Editions Chêne

12 juillet 2016

Les menus bonheurs...

La vie était encore possible pourvu que le temps pût couler sur ses plaies. La vie et tout ce qu'elle portait en elle de menus bonheurs: un parfum de fumée de bois, la chaleur des draps passés à la bassinoire, une lumière fraîche de printemps, des merveilles qui fondent dans la bouche, des gouttes de rosée dans la transparence de l'aube, le goût des prunes chaudes, celui des premières cerises, des raisins éclatés sous la dent...Fallait-il perdre à tout jamais ces infimes et merveilleux trésors qui illuminent l'existence? (.../...) Elle recula, fit demi-tour, s'éloigna du quai...

Christian SIGNOL

"La rivière espérance" (Editions Pocket) La rivière espérance_Christian Signol

23 avril 2016

La Seine a rencontré Paris

Image du jour 23 avril XVI

Qui est là
toujours là dans la ville
et qui pourtant sans cesse arrive
et qui pourtant sans cesse s'en va
C'est un fleuve répond un enfant
un devineur de devinettes.
Et puis l'œil brillant il ajoute
et le fleuve s'appelle la Seine
quand la ville s'appelle Paris
et la Seine c'est comme une personne
des fois elle court elle va très vite
elle presse le pas quand tombe le soir
des fois au printemps elle s'arrête et
vous regarde comme un miroir.
Et elle pleure si vous pleurez
ou sourit pour vous consoler
et toujours elle éclate de rire quand
arrive le soleil d'été...

Jacques PRÉVERT

                                                                                                          Photo: " Quai de Seine, 9h53..."_ François Vessella

Editions Folio_Gallimard  Choses et autres_Jacques Prévert

11 juin 2016

ForêtS

Clairière en forêt de Fontainebleau, Narcisso Diaz de la Pena

Le monde a des forêts
Où se perdent les pas
Les chemins sont boueux
Les retours difficiles
L'ombre y est malfaisante
Les clartés y sont rares
Si le soleil insiste
Pour y percer sauveur
Des arbres généreux
Vont le laisser passer

Dans les clairières timides
Les taches de lumière
S'efforcent de s'étendre
Mais les arbres entêtés
Les plus fiers de leurs branches
Se replient sur eux mêmes
Réservant leur mystère
Vide de compassion
Pour les faibles brins d'herbe
Qui voudraient y survivre.

Il en va des forêts
Comme du monde humain.

Lloassignature 11 juin An XVI

Peinture:" Clairière en forêt de Fontainebleau"_ Narcisse Diaz de la Peña

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