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Lloas
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29 février 2016

L'art du verre, les Verriers de Murano

Verre de Murano

_cliquer sur l'image_

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27 février 2016

Raison déraisonnable

Raison déraisonnable

La Raison qui s'impose
Envahit nos jardins
En bousculant les roses
D'un revers de la main

Accordant du crédit
Aux règles imbéciles
Étouffant sans merci
Nos esprits volubiles

La Raison  pire encore
Accorde ses violons
Aux raisons du plus fort
Sans autre vocation

Son creuset de sagesses
Devient déraisonnable
Quand il mêle sans cesse
Sournois et convenable

Et dans ce tourbillon
D'ordres et de connivences
Nous approchons le fond
Du gouffre des silences

Et la vie nous revient
Insipide et sévère
Cultiver son jardin
Devient  une chimère

Mais je veux espérer
Qu'à l'heure où tout est loi
Nos pensées oubliées
Vont reprendre leurs droits

L'esprit a plus d'un tour
Dans son sac malin
Pour balayer la cour
De ses travers malsains.

Lloassignature  27 février An XVI

26 février 2016

Lauriane

Ecriture de parfums

Écriture de parfums, Lloas _ Album Construitimages

24 février 2016

Marie Les couleurs du temps, Lloas _ Album

Marie

Couleurs du temps

Les couleurs du temps, Lloas _ Album Construitimages

 

Première rencontre

Sasha

Tu ne sais rien de moi
Et je sais tout de toi
Si tu es l'aube bleue
Je suis l'automne feu

Dans tes mains si fragiles
Il y a l'avenir
Dans les miennes dociles
Il ya le plaisir

C'est toi qui me découvres
Et c'est moi qui attend
Que tes paupières s'entrouvrent
Pour y trouver le temps

De nous aimer...

Lloassignature 23 février An XVI, pour petit Sasha
 

23 février 2016

Dérisoire

Je ne suis pas cloué sur le plus absurde des rochers
Aucune prouesse ailée ne me visita jamais
De l'abîme aucun choeur ne monte vers moi
Si ce n'est parfois le hoquet d'une cargaison de naufragés

.../...

Aimé CÉSAIRE

_Extrait_

La Poésie (Editions Le Seuil) La poésie_Aimé Césaire

 

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21 février 2016

Les dimanches

Les dimanches

Comme le bruit tranquille
De l'eau qui s'en va loin
Les rêves du dimanche
Portent la liberté
Jusqu'aux confins des jours
Vers les gloires insoumises
Des désobéissances
Vers la victoire possible
Des saines délivrances.

Il m'en souvient encore
De ces jours libérés
Du poids de l'exigence
Du fardeau du devoir
Des tâches accomplies
Ces jours de force neuve
Qui étouffent les plaintes
Des consciences assassines

Il m'en souvient toujours.

Lloassignature  21 février An XVI

19 février 2016

Lorsque l'enfant paraît

Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille
Applaudit à grands cris.
Son doux regard qui brille
Fait briller tous les yeux,
Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,
Se dérident soudain à voir l'enfant paraître,
Innocent et joyeux.

Victor HUGO

Pour petit Sasha,

_Extrait_

Les feuilles d'automne_Editions Poésie, GallimardLes feuilles d'automne_Victor Hugo

 

18 février 2016

Il a écrit...

oscar wilde

La sagesse c'est d'avoir des rêves suffisamment grands
pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit.

Oscar WILDE

17 février 2016

Mon amie la Rose

On est bien peu de chose
Et mon amie la rose
Me l'a dit ce matin
A l'aurore je suis née
Baptisée de rosée
Je me suis épanouie
Heureuse et amoureuse
Aux rayons du soleil
Me suis fermée la nuit
Me suis réveillée vieille


Pourtant j'étais très belle
Oui j'étais la plus belle
Des fleurs de ton jardin

On est bien peu de chose
Et mon amie la rose
Me l'a dit ce matin
Vois le dieu qui m'a faite
Me fait courber la tête
Et je sens que je tombe
Et je sens que je tombe
Mon coeur est presque nu
J'ai le pied dans la tombe
Déjà je ne suis plus

Tu m'admirais hier
Et je serai poussière
Pour toujours demain.

On est bien peu de chose
Et mon amie la rose
Est morte ce matin
La lune cette nuit
A veillé mon amie
Moi en rêve j'ai vu
Eblouissante et nue
Son âme qui dansait
Bien au-delà des nues
Et qui me souriait

Crois celui qui peut croire
Moi, j'ai besoin d'espoir
Sinon je ne suis rien

Ou bien si peu de chose
C'est mon amie la rose
Qui l'a dit hier matin.
Mots et musique: Cécile Caulier
Interprètes: Françoise Hardy / Natacha Atlas
POUR ÉCOUTER, cliquer sur l'image

200x200-000000-80-0-0Natacha Atlas_Mon amie la rose

15 février 2016

"...il m'avait oublié,..."

Je vais d'un pupitre à l'autre : ils sont vides — on doit nettoyer la place, et les élèves ont déménagé.
Rien, une règle, des plumes rouillées, un bout de ficelle, un petit jeu de dames, le cadavre d'un lézard, une agate perdue.
Dans une fente, un livre : j'en vois le dos, je m'écorche les ongles à essayer de le retirer. Enfin, avec l'aide de la règle, en cassant un pupitre, j'y arrive ; je tiens le volume et je regarde le titre :

ROBINSON CRUSOÉ

II est nuit.

Je m'en aperçois tout d'un coup. Combien y a-t-il de temps que je suis dans ce livre ? — quelle heure est-il ?

Je ne sais pas, mais voyons si je puis lire encore ! Je frotte mes yeux, je tends mon regard, les lettres s'effacent, les lignes se mêlent, je saisis encore le coin d'un mot, puis plus rien.

J'ai le cou brisé, la nuque qui me fait mal, la poitrine creuse ; je suis resté penché sur les chapitres sans  lever la tête, sans entendre rien, dévoré par la curiosité, collé aux flancs de Robinson, pris d'une émotion immense, remué jusqu'au fond de la cervelle et jusqu'au fond du cœur ; et en ce moment où la lune montre là-bas un bout de corne, je fais passer dans le ciel tous les oiseaux de l'île, et je vois se profiler la tête longue d'un peuplier comme le mât du navire de Crusoé ! Je peuple l'espace vide de mes pensées, tout comme il peuplait l'horizon de ses craintes ; debout contre cette fenêtre, je rêve à l'éternelle solitude et je me demande où je ferai pousser du pain...

La faim me vient : j'ai très faim.

Vais-je être réduit à manger ces rats que j'entends dans la cale de l'étude ? Comment faire du feu ? J'ai soif aussi. Pas de bananes ! Ah ! lui, il avait des limons frais ! Justement j'adore la limonade !

Clic, clac ! on farfouille dans la serrure.

Est-ce Vendredi ? Sont-ce des sauvages ?

C'est le petit pion qui s'est souvenu, en se levant, qu'il m'avait oublié, et qui vient voir si j'ai été dévoré par les rats, ou si c'est moi qui les ai mangés.

Jules Vallès

Extrait du roman "L'enfant" (Editions Livre de poche) L'enfant_Jules Vallès

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